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Définition SAS / SASU
La société par actions simplifiée (SAS) est une société commerciale créée par un ou plusieurs associés. Chaque associé ne répond des dettes sociales qu'à hauteur de ses apports, et ses droits sont représentés par des actions.
La particularité de la SAS tient à ses statuts : ils organisent librement son fonctionnement, dans le respect de quelques règles obligatoires.
Quand la SAS ne compte qu'un seul associé, on parle de SASU, pour société par actions simplifiée unipersonnelle.
Attention
« Simplifiée » ne veut pas dire plus simple à créer. Le terme signifie seulement que la SAS est une version allégée de la SA.
La constitution du capital
En SAS, les statuts fixent le montant du capital social et la valeur de chaque action : la loi n'impose aucun minimum. Un capital très faible reste donc permis, mais il rassure peu une banque ou un fournisseur, et est censé assurer le démarrage de vos activités.
Super ! Je peux donc créer ma SAS avec 0 F CFA de capital ?
Non. « Sans minimum » ne veut pas dire « sans capital ». Chaque associé doit apporter quelque chose (bien ou argent) : le capital ne peut donc pas être nul.
Ce que vous pouvez apporter
- De l'argent : c'est l'apport en numéraire, le cas le plus courant.
- Un bien : c'est l'apport en nature (matériel, véhicule, local, fonds de commerce, marque). Sa valeur est inscrite dans les statuts et contrôlée, quel que soit son montant, par un commissaire aux apports choisi à l'unanimité des futurs associés. Si les associés retiennent une valeur différente de la sienne, ils sont « solidairement responsables » de cette valeur envers les tiers pendant cinq ans.
- Votre travail ou votre savoir-faire : c'est l'apport en industrie, le cas le plus complexe. Il n'entre pas dans le capital, mais il vous donne des actions, que vous ne pouvez ni vendre ni transmettre. Toutes ensemble, les actions d'apport en industrie pèsent au plus un quart (¼) des votes et un quart des bénéfices, et les statuts fixent leurs conditions.
Le versement
Deux étapes à ne pas confondre :
- souscrire : c'est s'engager à apporter ;
- libérer : c'est verser réellement.
Tout le capital doit être souscrit avant la signature des statuts. Les biens sont apportés en totalité dès la création. L'argent, lui, peut être versé en deux temps : au moins un quart (¼) à la souscription, le reste dans les trois ans qui suivent l'immatriculation, selon ce que prévoient les statuts.
Pour un capital de 1 000 000 F CFA apporté en argent, au moins 250 000 F CFA sont versés à la création, et les 750 000 F CFA restants dans les trois ans.
Le dépôt des fonds
L'argent versé est déposé dans les huit jours, chez un notaire ou dans une banque ou une institution de microfinance agréée au Bénin, sur un compte ouvert au nom de la société en formation.
Le notaire atteste ensuite, dans une déclaration notariée de souscription et de versement, que les sommes promises et versées correspondent. Le bordereau de versement rejoint le dossier d'immatriculation de l'entreprise sur le site de l'APIEx.
Les fonds restent bloqués jusqu'à l'immatriculation. Le président de la SAS les retire en présentant le certificat d'immatriculation au dépositaire. Si la société n'est toujours pas immatriculée six mois après le versement, chaque associé peut demander au juge de faire restituer les fonds.
Le président, c'est qui ?
C'est le dirigeant qui représente la SAS, et toute SAS doit en avoir un. La section Direction et décisions, plus bas, y revient en détail.
Faire entrer des investisseurs
Faire entrer des investisseurs est ce qui fait de la SAS la forme préférée des start-up : ses statuts permettent d'accueillir de nouveaux associés et d'organiser leurs droits sur mesure. Un business angel, un fonds ou un programme d'accélération peuvent entrer au capital.
Attention
Une augmentation de capital en argent n'est possible qu'une fois le capital de départ entièrement versé.
Notez aussi que la SAS s'ouvre à des investisseurs, mais pas au public.
Qu'est-ce qu'on appelle « le public » ?
Le « public » ne dépend pas de votre lien avec les personnes, mais de l'ampleur de l'opération. Deux repères suffisent :
- Pas de bourse : les actions d'une SAS ne peuvent jamais y être cotées.
- Une seule des conditions suivantes suffit pour rester dans le cadre :
- vous levez moins de 50 000 000 F CFA sur douze mois ;
- vous sollicitez moins de cent personnes dans l'espace UEMOA ;
- vous ne vous adressez qu'à des investisseurs professionnels : banques, sociétés de gestion de fonds, assureurs.
Faire entrer un ami ou rejoindre un programme d'investissement reste donc permis. Ce qui est interdit, c'est par exemple une annonce sur les réseaux sociaux qui propose vos actions à des centaines de personnes pour plus de 50 000 000 F CFA : une telle opération est invalide.
Si votre projet est de lever des fonds auprès du grand public ou d'entrer en bourse, c'est vers la SA qu'il faut vous tourner.
Direction et décisions
En matière de direction de la SAS, la loi n'impose qu'une chose : un président. Pour le reste, autres dirigeants et règles de vote, ce sont les statuts qui organisent la société.
Le président
Toute SAS a un président, désigné dans les conditions prévues par les statuts. C'est lui qui représente la société : il agit en son nom, avec les pouvoirs les plus larges, dans la limite de l'activité de la société.
Les statuts peuvent aussi prévoir un directeur général ou un directeur général adjoint, avec les mêmes pouvoirs que le président. Ces postes sont facultatifs.
La loi ne fixe ni la durée du mandat du président, ni sa rémunération, ni les conditions de sa révocation : c'est aux statuts de les prévoir. Sa nomination et son départ sont inscrits au registre du commerce.
Attention
Les statuts peuvent limiter les pouvoirs du président, par exemple lui interdire de signer seul au-delà d'un certain montant. Mais ces limites ne valent qu'entre associés : face à un fournisseur ou à une banque, la SAS reste engagée par ce que le président a signé. C'est vrai même quand l'acte sort de l'activité de la société, sauf si le partenaire le savait.
Les décisions des associés
Les statuts fixent les décisions que les associés prennent ensemble, et la façon de les prendre : en assemblée ou par écrit, à quelle majorité. Une décision prise sans respecter ces règles est invalide.
Certaines décisions reviennent toujours aux associés, quoi que prévoient les statuts :
- l'approbation des comptes annuels et la répartition des bénéfices ;
- toute modification du capital ;
- la fusion, la scission ou l'apport d'une partie de l'activité à une autre société ;
- la transformation en une autre forme de société et la dissolution ;
- la nomination du commissaire aux comptes.
Chaque action donne droit à au moins une voix et, en principe, plus un associé détient d'actions, plus il pèse dans les votes.
Les clauses qui encadrent l'entrée et la sortie des associés (agrément d'un nouvel associé, rachat prioritaire, interdiction temporaire de vendre ses actions, exclusion) ne peuvent être adoptées ou modifiées qu'à l'unanimité.
Les garde-fous
Le président et les autres dirigeants ne peuvent pas emprunter à la SAS, ni se faire avancer de l'argent, ni se faire garantir par elle. L'interdiction s'étend à leur conjoint, à leurs parents et à leurs enfants. L'inverse est permis : le président peut prêter de l'argent à la SAS.
Quand la SAS passe un contrat avec son président, un dirigeant ou un associé qui détient plus de 10% des votes (par exemple pour la location d'un local qui lui appartient), un rapport est présenté aux associés, qui l'approuvent ou non. La personne concernée ne vote pas. Le contrat reste valable même sans approbation, mais s'il nuit à la société, c'est elle qui en supporte les conséquences. Les opérations courantes, conclues à des conditions normales, ne sont pas concernées.
Enfin, le président et les dirigeants répondent personnellement de leurs fautes de gestion et des violations de la loi ou des statuts, envers la société comme envers les tiers.
En SASU
L'associé unique prend seul toutes les décisions réservées aux associés, et il ne peut pas les confier à quelqu'un d'autre, même s'il a nommé un président extérieur. Ses décisions sont consignées dans un registre.
Le président arrête les comptes, et l'associé unique les approuve dans les six mois qui suivent la fin de l'exercice. Si l'associé unique est une personne qui préside elle-même la SASU, c'est plus simple encore : déposer ses comptes signés au registre du commerce dans ce délai vaut approbation.
Les contrats entre la SASU et son dirigeant sont simplement inscrits au registre des décisions, et ceux passés avec l'associé unique n'ont même pas à l'être.
En résumé, la SAS distingue deux rôles :
| Rôle | Ce qu'il fait | Exemples |
|---|---|---|
| Le président | Il dirige la société au quotidien et la représente | Signer un contrat, embaucher, ouvrir un compte bancaire |
| Les associés | Ils possèdent la société et prennent les grandes décisions | Approuver les comptes, modifier le capital, dissoudre la société |
Une même personne peut tenir les deux rôles, comme le fondateur seul d'une SASU.
Les statuts
Statuts, statuts, statuts… On ne parle que d'eux !
Oui ! Tout au long de cette fiche, le capital, la direction, les décisions, l'entrée de nouveaux associés, presque tout renvoie aux statuts. C'est le prix de la liberté de la SAS : ce que la loi ne fixe pas, c'est à vous de l'écrire.
Vous l'aurez compris, une SAS demande de la rigueur. La liberté de rédaction ne signifie pas faire ce que bon vous semble : les statuts obéissent à des règles précises.
| Règle | Ce que ça veut dire |
|---|---|
| Établis devant notaire | Les statuts sont signés chez un notaire, ou déposés chez lui avec reconnaissance des signatures. Au Bénin, l'APIEx exige des statuts notariés pour immatriculer une SAS. |
| Modifiés devant notaire | Chaque modification suit la même forme : on repasse chez le notaire. |
| Signés par tous | Tous les futurs associés signent, une fois l'argent déposé et le certificat du dépositaire établi. |
| Un contrat ou un acte unilatéral | À plusieurs, les statuts sont un contrat entre associés. En SASU, c'est l'acte d'une seule personne. |
Le notaire n'est donc pas une option : sans lui, pas d'immatriculation. Mieux vaut l'associer dès la rédaction plutôt qu'à la signature. Et pour des statuts vraiment sur mesure (plusieurs associés, investisseurs, apport en industrie), l'accompagnement d'un notaire ou d'un avocat spécialisé vaut son prix.
Régime fiscal
La SAS relève du régime du réel : elle paie l'impôt sur les sociétés sur son bénéfice, quel que soit son chiffre d'affaires. Contrairement à une entreprise individuelle, elle n'a jamais accès à la taxe professionnelle synthétique, même en SASU.
Quand la SAS distribue une partie de son bénéfice à ses associés, sous forme de dividendes, elle retient l'impôt sur le revenu des capitaux mobiliers (IRCM) et le reverse aux impôts.
Selon son activité, son chiffre d'affaires et ses salariés, d'autres prélèvements s'ajoutent : la TVA qu'elle facture à ses clients passé une certaine limite, les retenues sur certains paiements, les taxes locales et les charges sur les salaires.
Note : une SAS innovante dans le numérique peut bénéficier d'un régime de faveur : ni impôt sur les sociétés ni versement patronal sur les salaires pendant ses deux premières années d'activité, puis une réduction de moitié la troisième année. Il lui faut pour cela un chiffre d'affaires annuel d'au plus 100 000 000 F CFA hors taxes et le 🏷️ label startup, dont les conditions d'obtention sont fixées par décret.
Rémunération du président
Le président dirige la SAS au titre d'un mandat social : ce sont les statuts qui l'organisent. Sa rémunération est prévue par les statuts, qui peuvent en confier la fixation aux associés, et rien n'empêche le président d'exercer sans être payé.
Pour la DGI, la rémunération du président de la SAS est soumise à l'impôt sur les traitements et salaires (ITS), comme un salaire. Veillez tout de même à ce qu'elle corresponde à un travail effectif et ne soit pas excessive.
Pour la CNSS, rien n'est automatique : être président ne fait pas de vous un salarié.
Le Code du travail indique qu'est salarié celui qui travaille, contre rémunération, sous la direction et l'autorité d'une autre personne. Seule compte la subordination réelle.
Le mandat de président n'est pas un contrat de travail. Pour cotiser à la CNSS, il vous faut en plus un vrai contrat de travail, dans lequel les associés peuvent vous donner des directives, contrôler votre travail et sanctionner vos manquements.
Et si je détiens la majorité des actions ?
Alors personne ne peut vous donner d'ordres : c'est vous qui contrôlez les décisions des associés. Vous ne pouvez donc pas être salarié de votre propre SAS, ni cotiser à la CNSS à ce titre. C'est aussi le cas du fondateur seul d'une SASU.
Pour savoir si vous êtes majoritaire, ajoutez à vos actions celles de votre conjoint et de vos enfants mineurs, comme la loi le prévoit pour les gérants de société.
| Votre situation | Couverture CNSS |
|---|---|
| Président sans actions | Possible, avec un vrai contrat de travail |
| Président détenant 50% des actions ou moins | Possible, avec un vrai contrat de travail |
| Président détenant plus de 50% des actions | Non |
Si vous avez été salarié au moins six mois de suite avant de créer votre SAS, vous pouvez continuer à cotiser volontairement à la branche des pensions, ce qui vous permet de rester couvert pour la retraite, l'invalidité et le décès.
Ce qu'il faut tenir
La SAS tient une comptabilité complète, selon le système normal du guide comptable OHADA : bilan, compte de résultat, tableau des flux de trésorerie et notes annexes.
Les livres et les pièces justificatives se conservent dix ans.
Résumé
- Pour qui
- Start-up, associés aux apports différents, associé unique visant l'ouverture du capital
- Capital minimum
- Libre avec un quart (¼) à la constitution
- Titres sociaux
- Actions
- Associés
- Un ou plusieurs, personnes physiques ou morales
- Personnes requises
- 01
- Direction
- Président (et directeurs généraux facultatifs)
- Confiance des partenaires
- forte
- Responsabilité
- Limitée aux apports
- Étendue de la responsabilité
- limitée aux apports
- Commissaire aux comptes
- Obligatoire au-delà de seuils
- Statuts
- Notarié
- Commissaire aux comptes obligatoire dès que deux de ces critères sont remplis : chiffre d'affaires > 250 000 000 F CFA, bilan > 125 000 000 F CFA, salariés permanents > 50
- Commissaire aux comptes obligatoire quand la société contrôle une autre société ou est contrôlée par une autre société
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